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SUISSE

L'économie résiste à la crise malgré l'incertitude dominante sur la place financière

Le centre de recherches conjoncturelles de l'école Polytechnique de Zürich (KOF), sur la base du développement récent, prévoit un accroissement du PBI de 1,7 % pour 2010. La chute du PIB a été moins dramatique que celle subie par les principaux pays européens. Bien qu'elles soient touchées par la crise, les exportations sont relativement robustes.

Au 1er trimestre, leur valeur a augmenté de 6,9% a/a. Les secteurs de la fabrication de machines, du textile et de l'habillement restent sous pression du fait de la conjoncture stagnante des partenaires commerciaux et de l'appréciation du franc suisse. Le secteur financier contribue de nouveau à la croissance. Le durcissement et la confusion des règlements internationaux rendent incertain ce secteur, où le développement d'un nouveau modèle opérationnel dans la gestion de la clientèle privée est encore difficile. Le "Bouclier Ter" aurait provoqué le retrait de 110 milliards de Fr. de valeurs patrimoniales de la Suisse. Pour la banque BSI, plus de la moitié des patrimoines déclarés restent gérés en Suisse grâce à l'intermédiation fiduciaires. Une éventuelle crise financière des Etats les plus faibles de l'UE, la Grèce, le Portugal, l'Irlande, l'Espagne et l'Italie, pourrait peser sur les banques suisses internationales. La consommation privée (09 : +1,3 % a/a) joue un rôle conjoncturel important. Pour 2010, suite à une amélioration partielle du marché du travail (chômage en mars 10 : 4.2 %) et à la croissance moyenne des salaires décidée l'année dernière (réelle +2,6 %) on pourra compter sur un nouvel accroissement de la consommation privée (1,3 %). En 2010 le secteur de la construction souffrira de la chute des projets de génie civil et de la stagnation de la dépense publique en matière d'ouvrages de génie civil. En 2010, l'inflation devrait se situer entre 0,5 % et 0,8 %. Les améliorations ultérieures de l'utilisation des capacités de production et du marché du travail pourraient déclencher des tendances inflationnistes. L'évolution du chômage et du développement des taux d'intérêt fait présager, au 4ème trim. 2010, le début des interventions de la Banque Nationale Suisse (BNS) sur les taux d'intérêt. Les prévisions pour le Libor à trois mois (avril 10 : 0,25%) indiquent une valeur de 1,06 % d'ici un an. La force du franc suisse pourrait toutefois retarder la hausse des taux. Le franc suisse s'est dévalué par rapport au dollar (1,17 FCH/$) et s'es renforcé par rapport à l'euro (1,43 FCH/€). Bien que la BNS tolère un cours inférieur à 1,50 Fr./€ (nouvelle barrière non officielle : 1,40 FCH/€) depuis décembre, elle intervient sur les marchés des changes contre une appréciation excessive du franc.

Mai 2010

Emanuele Centonze SA